23.01.2012
le témoignage de MAMADOU KARAMBIRI
Propos
recueillis par Paul Ohlott.
Né dans
une famille musulmane, Mamadou Karambiri a découvert la lumière de
Jésus-Christ, en 1973. Par la suite, il a vécu à plusieurs reprises des
visitations puissantes du Saint-Esprit qui l’on conduit aujourd’hui à être le
pasteur du Centre International d’Evangélisation, la plus grande église du
Burkina Faso. Mais plus encore, il est à l’origine de plus d’une centaine de
temples en Afrique. Entretien avec un apôtre des temps modernes ,au parcours
surprenant.
Paul
Ohlott : "Mamadou, quel a été votre cheminement spirituel?"
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Mamadou Karambiri :
"Je suis né dans une famille musulmane très pratiquante, dans le
nord-ouest du Burkina Faso. Dans cette ambiance religieuse et au sein de
cette famille très pieuse, j’ai grandi avec un vide dans mon cœur. Chaque
année, dès l’âge de 7 ans, je me rendais à la messe de minuit en cachette,
pour écouter les chants chrétiens de Noël. Si mes parents l’avaient su,
j’aurais été sévèrement puni. Mais au lycée, j’ai laissé tombé ma recherche
spirituelle, et j’ai essayé de combler ce vide avec du sport et de la
musique. Je cherchais à me faire-valoir, à m’épanouir… Cependant, malgré mes
efforts, j'étais toujours affamé de connaître Jésus-Christ. Après mon
baccalauréat et deux années d’études supérieures, je suis arrivé à Toulouse
en octobre 1972, pour faire une licence en économétrie. Et là, tout a très bien
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fonctionné, jusqu’en juin 73.
Quand je suis rentré dans la salle d’examen, j’étais orgueilleux et sûr de moi.
Je comprenais tous les cours avec une certaine facilité, et j’étais persuadé
d’obtenir ma licence. Mais j’ai commis l’erreur de défier Dieu, je lui ai
dit : ‘’Même si tu n’es pas d’accord, je réussirai’’. Instantanément, une
grande obscurité s’est emparée de mon esprit, pendant 4h, face au sujet, je
n’ai rien su écrire, pas la moindre équation. J’ai échoué lamentablement. Je
suis rentré dans ma chambre universitaire, j’étais brisé, j’ai pleuré…"
Paul
Ohlott : "A cette époque vous aviez un ego surdimensionné… Mais
n’aviez-vous pas mis également votre confiance dans des objets occultes?"
Mamadou
Karambiri : "Oui, et après cet échec cuisant, j’ai été très fâché
contre mes gris-gris, mes fétiches… J’ai tout jeté à la poubelle !
Quelques jours ont passé et je suis allé marcher au centre-ville. Des personnes
annonçaient l’Evangile, mais je pensais que c’était une secte qui permettait
d’avoir des pouvoirs magiques, cela m’a alors intéressé car je voulais un
pouvoir pour réussir le rattrapage de septembre. Quand je suis allé chez eux,
j’ai vu, écrit sur le bâtiment : ‘’Assemblée de Dieu de France’’…
Aussitôt, je me suis dit : ‘’Ah non, je les connais, ce sont des Protestants…
Moi je suis musulman, je n’ai rien à faire avec ces gens-là’’. J’ai donc fait
immédiatement demi-tour. Mais une voix m’a parlé, alors qu’il n’y avait
absolument personne, là où je me tenais, et cette voix me disait : ‘’Si tu
pars, ce sera la dernière fois pour toi’’. J’ai eu peur et je me suis demandé
qui me parlait. Cette voix m’a percuté, en plein cœur; je me suis donc dirigé
vers l’Eglise. Je me suis assis à la dernière rangée, pour pouvoir sortir en
cas de besoin… Mais un jeune m’a vu et m’a invité à m’asseoir au premier rang,
à côté du pasteur. Et quand il s’est levé pour prêcher, il a révélé ma vie,
comme jamais personne ne l’avait fait. Cet homme, qui ne me connaissait ni
d’Adam ni d’Eve, a tout révélé me concernant. Dans mon cœur, je me suis
dit : ‘’Je ne savais pas que les Blancs étaient des sorciers’’. A la fin
de son message, il a lancé un appel, et j’ai accepté Jésus-Christ dans ma
vie".
Paul
Ohlott : "Vous n’avez pas eu peur de la réaction de votre famille?"
Mamadou
Karambiri : "Je n’ai pas eu peur car j’avais une foi vraiment
brûlante, dès le départ. Néanmoins, en tant qu’ancien musulman, je voulais être
très proche de Dieu, pour être convaincu de la véracité de sa Parole, avant de
rentrer au Burkina Faso. Je savais quelles difficultés m’attendaient là-bas.
J’ai vécu dès les premiers mois, quelques expériences très fortes avec le
Seigneur. J’ai reçu, tout d’abord, le baptême du Saint-Esprit, dans ma chambre
d’étudiant. C’était 2 mois après ma conversion, j’étais à genoux, je priais. A cette
époque, je ne savais pas que le Saint-Esprit existait, je n’avais jamais
entendu parler de lui… Alors que je priais, je me suis assoupi, ma tête
reposait sur mon lit. Et quelques minutes plus tard, j’ai été traversé par une
puissance qui me faisait parler dans une langue inconnue… Je me suis demandé ce
qui m’arrivait… ‘’Suis-je devenu fou ?’’. Et cette action surnaturelle m’a
traversé intensément pendant toute une semaine. Le dimanche suivant, quand je
suis allé à l’Eglise, le pasteur m’a expliqué que je venais de vivre
l’expérience du baptême de feu".
Paul
Ohlott : "A quel moment avez-vous reçu un appel à servir le
Seigneur?"
Mamadou
Karambiri : "Le premier tournant de ma vie chrétienne s’est
déroulé au bout de 2 ans. En février 75, j’ai reçu une nouvelle visitation du
Saint-Esprit dans ma chambre. J’étais dans une phase d’insatisfaction
partielle. Je voulais voir davantage la gloire de Dieu. Un soir, j’ai décidé de
prier jusqu’à 6h du matin, attristé par le manque de puissance manifeste dans
l’Eglise. Au moment où j’ai voulu me coucher, une présence divine a envahi ma
chambre. En face de moi, sur le mur blanc, je voyais un grand écran lumineux.
J’étais certain de ne pas dormir ,car j’entendais les voitures dans la rue et
aussi ma voisine. Sur cet écran, ma pauvre vie défilait, puis le Seigneur m’a
montré des transformations qui allaient s’opérer en moi. Et enfin, il m’a parlé
de certains hommes de Dieu très connus, dont je n’avais jamais entendu parler
auparavant. Une semaine plus tard, le même jour à la même heure, un vent
puissant a traversé ma chambre et j’ai entendu une voix proclamer
: ‘’Jésus vient’’. J’ai alors tourné ma tête et j’ai vu le visage du
Seigneur. Immédiatement, j’ai eu tellement peur que je lui ai demandé de me
purifier et de me sanctifier. Puis, Jésus s’est assis sur une chaise, dans ma
chambre. On se regardait, mais sa présence était tellement forte qu’elle me
paralysait. Il m’a alors dit : ‘’Voici, j’ai détruit les œuvres des
ténèbres, et je te donne la puissance sur l’Ennemi’’. Après cela, il s’est
levé, il a fait quelques pas et il est parti en traversant le mur".
Paul
Ohlott : "Comment avez-vous été convaincu de repartir
en Afrique et d’abandonner vos ambitions estudiantines?"
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Mamadou Karambiri :
"C’est la semaine suivante, toujours à la même heure, que je l’ai su
clairement. Une lumière, plus forte et plus pure que celle du soleil, s’est
engouffrée dans ma chambre. Et j’ai entendu une voix qui parlait en langues.
C’est alors que la présence de Dieu a rempli ma chambre, pendant de longues
minutes. Et le Seigneur m’a dit : ‘’Tu veux un doctorat d’Etat en économie,
mais moi je veux que tu rentres au pays’’. J’ai obéi, j’ai pris mes affaires
et je suis retourné au Burkina Faso. J’ai commencé à travailler en tant que
directeur commercial dans une entreprise textile, jusqu’au jour où Dieu m’a
demandé de me mettre à part, de le servir à plein temps dans le ministère et
d’ouvrir un Centre International d’Evangélisation. C’était en 1990. Je l’ai
fait et on a commencé à enseigner les chrétiens avec le désir d’en faire des
disciples".
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Paul
Ohlott : "Votre ministère a connu une croissance importante. Qu’en est-il
aujourd’hui?"
Mamadou
Karambiri : "Dans l’église principale, au sein de laquelle
j’exerce le ministère pastoral, nous recensons environ 3000 personnes. Et dans
la capitale, nous avons une vingtaine d’églises, dont les membres varient entre
100 et 500 personnes, selon le lieu. Dans l’ensemble du pays, nous avons ouvert
une centaine de temples. Et nous avons aussi 6 églises en Côte d’Ivoire,
6 en Guinée, 2 au Niger, 2 au Bénin, 2 en France, et une autre enfin à
Atlanta, aux Etats-Unis. Pour gérer tout cela, nous avons une centaine de
pasteurs et d’évangélistes".
Paul
Ohlott : "Quel est le contexte spirituel au Burkina Faso?"
Mamadou
Karambiri : "L’Eglise est assez mûre dans ce pays. Elle s’est
développée grâce à la mission française des Assemblées de Dieu et également une
mission américaine. Les ADD ont effectué un très bon travail qui a permis de
poser les bases bibliques, mais également dans le domaine social. Ils ont
développé des écoles primaires, des collèges, etc. Et grâce à cela, nous avons
aujourd’hui des cadres, des députés et des ministres chrétiens. Le Burkina
Faso, comme la plupart des pays de l’ouest africain, est à majorité musulmane,
mais il s’agit d’un Islam très modéré qui nous permet de travailler dans la
tranquillité, sans tensions. En outre, le gouvernement est assez stable et il
permet la liberté totale pour la prédication de l’Evangile. De ce fait, il y a
plus de 25% de chrétiens dans le pays aujourd’hui. Nous possédons par ailleurs
2 radios chrétiennes dans la capitale, et des télévisions chrétiennes dans
d’autres provinces. Nous rendons grâce à Dieu également pour les hôpitaux
chrétiens. Tout cela offre un apport considérable pour le développement
socio-économique du Burkina Faso".
Paul
Ohlott : "Gardez-vous toujours la France dans votre cœur? Croyez-vous à un réveil
spirituel dans ce pays?"
Mamadou
Karambiri : "Je me rends régulièrement en France depuis une
vingtaine d’années, car je me sens redevable à ce pays. J’ai beaucoup d’amour
pour la France
et je visite les différentes régions à chaque fois que je le peux. La situation
a considérablement évolué en deux décennies. La France est dans l’attente
d’une grande manifestation de Dieu. Je ne dirai pas d’un réveil, mais d’un
attouchement spécial du Seigneur. Aujourd’hui, je crois fortement que la France est à la veille de
cette visitation divine. La
Raison a voulu écraser la foi, mais la foi est en train de
faire son grand retour. La foi, l’espérance et l’amour ne peuvent pas faillir.
Bien que ce soit un pays démocratique, très ouvert… les âmes des gens ne sont
pas rassasiées. Les Français ont faim et soif de Dieu, que ce soit au cœur de
l’élite, comme dans les couches sociales les moins élevées".
Paul
Ohlott : "Selon vous, l’un des problèmes en France est le manque
d’intimité avec le Saint-Esprit…"
Mamadou
Karambiri : "Oui, le matérialisme et l’abondance sont devenus un
piège pour l’Eglise de France. Il faut savoir utiliser la modernité par
l’Esprit Saint. Car si la modernité accapare une place trop importante dans nos
vies, on risque de perdre notre sensibilité à la voix du Saint-Esprit.
Aujourd’hui, il y a beaucoup de belles actions qui sont entreprises par les
chrétiens, mais il y aussi un éloignement de la présence divine, une perte de
la crainte de l’Eternel et de l’intimité avec le Saint-Esprit. Si les pasteurs
ou les anciens ne prennent pas davantage de temps dans la présence de Dieu,
l’Eglise ne peut pas recevoir une grande bénédiction de la part du Seigneur.
C’est pour cela que les gens courent de réunions en réunions, parce que l’Eglise
locale ne fonctionne plus comme le schéma du Nouveau Testament. Si tous les
responsables d’églises pouvaient saisir l’importance de l’intimité avec le
Saint-Esprit, les églises seraient visitées d’une manière extraordinaire, et sa
présence serait même tangible jusque dans la rue pour atteindre les perdus. Le
Seigneur cherche des hommes et des femmes disponibles en France. Va-t-il en
trouver ?"
Paul
Ohlott : "Les Français n’ont-ils pas aussi perdu la simplicité et
l’authenticité en s’enfermant dans des cadres traditionnels?"
Mamadou
Karambiri : "Oui, et c’est ce que je dis souvent aux gens. Jésus
était un homme simple, soyez comme lui. Nous avons mis en place une structure
qui semble très belle de l’extérieur, mais qui ne fonctionne pas dans une
perspective de fraîcheur continuelle. La structure actuelle ne produit pas la
vie chez les gens. Il faut retrouver une certaine simplicité et laisser aussi
nos petites guerres doctrinales de côté".
Paul
Ohlott : "Vous avez été l’un des invités surprises de Pentecôte 2006, à
Lisieux. Vous appréciez donc particulièrement le ministère de Freddy de
Coster?"
Mamadou
Karambiri : "De plus en plus, la France possède des
ministères complémentaires. Si vous prenez une famille composée de 5 enfants,
chacun aura un regard différent sur un seul et même événement. Cela ne crée pas
une division mais un enrichissement. J’apprécie beaucoup le ministère du
pasteur Freddy, et j’encourage les pasteurs de cette région normande à ne pas
rejeter son formidable travail. Son ministère à Honfleur n’est pas un hasard,
et s’il persévère et développe sa relation avec le Saint-Esprit, il peut
apporter un réveil dans cette partie de la France et même au-delà".
Paul
Ohlott : "Vous ne comptabilisez peut-être pas toutes vos expériences avec
Dieu, mais qu’est-ce qui vous a marqué le plus au cours de votre
ministère?"
Mamadou
Karambiri : "J’ai vu des aveugles recouvrer la vue, des sourds
entendre ou encore des muets se mettre à parler. Et ces miracles étaient
d’autant plus percutants qu’ils se sont produits sur des musulmans, devant des
foules en plein air. Aujourd’hui ces musulmans ont donné leur vie à Christ.
Mais ce n’est pas cela qui m’a marqué le plus, ce ne sont pas les guérisons que
je retiens. Un jour, c’était un vendredi soir, j’avais une faim très forte de
la présence Dieu, et j’ai demandé à un jeune de venir prier avec moi. Nous
sommes alors entrés dans une salle, et après 5h de prières intenses, il était
environ 2h du matin, une présence glorieuse a commencé à descendre du plafond.
Nous avons été tellement effrayés par cette gloire qui ressemblait à un feu
immense, que nous avons été paralysés au sol. Et le jeune qui était avec moi,
s’est accroché à ma ceinture. C’était si fort et si grandiose, que je me demandais
si nous allions rester en vie. Une partie de la gloire à venir s’était
transportée dans la pièce. Quand la présence de Dieu est repartie, nous nous
sommes levés, et nous avons quitté la pièce en courant, nous étions
effrayés (rires). J’ai alors demandé à Oussman, mon jeune ami : ‘’Pourquoi
as-tu saisi ma ceinture ?’’. Et il m’a répondu : ‘’J’étais sûr et
certain que le Seigneur allait t’enlever’’. Cet événement m’a marqué plus
encore que lorsque Jésus m’a guéri d’une pleurésie au poumon droit, ou lorsqu’il
a guéri ma femme à plusieurs reprises de maladies pour lesquelles la science
faisait profil bas".
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